LES ANNEES 1970

 Dans les années 1970, Paco avait vingt ans.
Que faisait-il ? Que pensait-il ? Où allait-il ?
Lui-même ne le savait pas… et cela lui allait très bien.
Aujourd'hui, en 2026, Paco a 70 ans.
Que sait-il ? Que fait-il ? Que pense-t-il ?
Lui-même ne le sait toujours pas… mais il le sait beaucoup mieux.
Le raconter ? Impossible.
Une vie ne tient pas dans un livre.
Encore moins celle de Paco.

photos : expo : PACO – Place de la Monnaie (1000 Bruxelles) 1978 – atelier PACO : chaussée de Mons 26 (Anderlecht)


AMOUR FUSION
Œuvre de l’artiste DIAZ ACOSTA FRANCISCO (PACO).
Cette œuvre des années 1970, représente l’amour fusion à travers deux corps entrelacés et emboîtés. Deux connexions les unissent : une connexion occipitale et une connexion sexuelle, reliant l’esprit et le corps. Cette union totale forme une seule entité, où le haut et le bas se répondent dans une fusion thermonucléaire, symbole d’une énergie créatrice et d’une fusion absolue.

   LES FEMMES AU POUVOIR
Cette œuvre de l'artiste DIAZ ACOSTA FRANCISCO (PACO), réaliser dans les années 1970, Paco joue avec le pouvoir, le sexe et les illusions humaines.
En arrière-plan, une silhouette masculine noire apparaît privée de son attribut suprême : le phallus.
Il ne reste que deux testicules suspendus comme un étrange bijou d’un pouvoir perdu.
Face à lui, quatre silhouettes féminines prennent possession de l’espace.
Leurs poings levés deviennent des symboles phalliques : rouges, féconds, provocateurs pour les unes ; verts et fleuris pour les autres.
La femme n’est plus objet du désir, elle devient sujet, force et puissance.
Paco inverse les rôles avec humour : l’homme sans phallus perd-il son pouvoir ?
La femme avec un phallus gagne-t-elle le pouvoir ?
L’artiste nous rappelle avec malice que le véritable pouvoir ne se trouve ni entre les jambes des hommes ni dans la conquête des femmes, mais dans une autre réalité bien plus terre-à-terre : l’argent.
Sa question, provocatrice et philosophique, résonne encore :
« L’argent remplacera-t-il la bite ? »
Avec son ironie tendre et son humour caustique, Paco se moque des symboles de domination et nous invite à rire de nos propres illusions.
   LE CHÔMEUR (Histoire vécue)
Autoportrait de l'artiste DIAZ ACOSTA FRANCISCO (PACO)
Œuvre de l'artiste DIAZ ACOSTA FRANCISCO (PACO).
Le premier métier de Paco ? Chômeur. Un emploi à plein temps....
Dans cette œuvre des années 1970, il se représente avec un humour noir décapant. Cinq guichets sur fond noir : le décor est planté.
Trois silhouettes voûtées, carte de pointage rouge à la main, avancent comme si le chômage avait fini par leur faire perdre jusqu'à leur virilité, traînant au sol avec le reste de leurs illusions.
Avec un dessin brut et sans détour, Paco se moque moins du chômeur que de la machine administrative qui transforme l'homme en numéro... et l'espoir en file d'attente.
   LE COUPLE, UN CHOIX COMPLEXE
Œuvre de l'artiste DIAZ ACOSTA FRANCISCO (PACO), réaliser dans les années 1970.
Rectangle gauches silhouette masculine, rectangle droite silhouette féminine (enceinte) en arrière-plan deux jambes écarte, sur son milieu une forme rectangulaire rouge représentent le vagin. En dessous du vagin, une forme arrondi représentant le fœtus.
Paco règle en quelques lignes ce que les religions, les idéologies et les psychanalystes débattent depuis des siècles. Un homme, une femme, un sexe, un fœtus : le décor est planté, les certitudes vacillent.
Ici, le couple n'est ni un idéal, ni une prison. C'est un territoire d'accidents heureux, de choix impossibles et de conséquences bien réelles. Avec une ironie jubilatoire, Paco réduit les grands discours à leur plus simple expression graphique. Plus le dessin est dépouillé, plus le sujet devient vertigineux.
L'œuvre ne prend jamais parti. Elle laisse chacun négocier avec ses convictions, comme on négocie avec l'amour : sans garantie de succès.
   LE COUPLE ET LEURS TRAGEDIES
Œuvre des années 1970, de l’artiste DIAZ ACOSTA FRANCISCO (PACO).
La fracture du couple : Placées aux deux extrémités de la toile, les silhouettes noire et rouge incarnent l'isolement, l'absence de communication et le choc émotionnel des parents face à l'épreuve.
Le ventre et la maternité : La forme rouge arrondie à gauche symbolise la grossesse, mais traitée de manière lourde et douloureuse.
Le drame de l'enfant : La longue traînée rouge au sol évoque un cordon ombilical ou du sang. Elle relie le corps de la mère à une forme inerte, matérialisant graphiquement un enfant.
Le style des années 1970 : Le fond blanc isole le couple dans un vide existentiel, tandis que l'utilisation minimaliste des couleurs primaires (rouge de la douleur, bleu de la détresse, noir du deuil) condense toute la tragédie familiale.
   ELLE – MOI (MÉTAMORPHOSE)
C’est une œuvre de l'année 1978, de l’artiste DIAZ ACOSTA FRANCISCO (PACO).
Un jour, le corps bascule sans mode d'emploi. Tout devient physique, physiologique, anatomique : une métamorphose biologique incompréhensible et sans poésie, dictée par la nature pour la seule reproduction de l'espèce.
ELLE : La poitrine s’impose, le bassin s’élargit, les règles arrivent sans règles. Le cycle commence.
MOI : La voix mue, les épaules s’étalent, les muscles et la pilosité colonisent le terrain.
ELLE – MOI : Deux trajectoires face au même chaos organique. Un face-à-face tendre, cruel et ironique entre ce que nous sommes et ce que la nature décide pour nous.
   PELIGRO EN NERVA
C’est une œuvre des années 1970, de l’artiste DIAZ ACOSTA FRANCISCO (PACO).
En 1963, Paco quitte Nerva pour Bruxelles.
Dans sa valise : quelques souvenirs, beaucoup de questions… et surtout un panneau mystérieux qui lui colle à la mémoire : « Nerva » avec un symbole inquiétant dont personne ne lui donne la traduction.
Même les panneaux routiers ont parfois leurs secrets.
Des années plus tard, il transforme cette énigme en triptyque.
Peligro en Nerva n’annonce pas un danger réel : le vrai danger serait peut-être de croire que le passé est définitivement derrière nous.
Avec malice, Paco joue avec l’exil, la mémoire et l’identité. Il ne donne pas de réponses, il distribue des indices.
À chacun de comprendre ce panneau à sa manière : menace, souvenir, clin d’œil ou piège affectueux tendu par le temps.
Trois tableaux, un lieu, mille interprétations. Car au fond, le plus grand « peligro » de Nerva n’est pas de partir… c’est de ne jamais vraiment réussir à quitter ce qui nous habite.